Quel visage pour l’OM d’André Villas Boas ?

Comme à chaque rentrées des classes, certains élèves intriguent plus que d’autres, et c’est notamment le cas des nouveaux. André Villas Boas, grand brun d’un mètre quatre vingt deux d’origine portugaise vient d’arriver sur le banc de la cité phocéenne, avec la tâche délicate de métamorphoser un groupe quasi inchangé et de donner un nouveau souffle à un “OM Champions Project” qui a pris du plomb dans l’aile. 

Hier c’était donc le premier match officiel de l’OM sous la houlette du technicien Portugais, l’occasion pour tout le monde de découvrir ses intentions sur le plan du jeu et de son organisation. Pour vous le CF s’est penché avec attention sur ce premier match des Olympiens pour déceler les changements et nouveautés apportés par André Villas Boas. Et si vous vous dites qu’on ne juge pas une philosophie sur 90 minutes, sachez que nous sommes totalement d’accord, néanmoins le premier match d’un entraîneur est souvent riche en enseignements par rapport à ce qu’il souhaite mettre en place sur le moyen/long terme.

André Villas-Boas au centre d’entrainement de l’OM (photo du quotidien l’équipe)

On dit souvent qu’on n’oublie jamais sa première fois, mais l’ex assistant de José Mourinho aimerait probablement faire oublier au plus vite son premier match sur le banc Marseillais. Une défaite 2-0 à domicile face au stade de Reims au cours de laquelle les Olympiens ont été incapables d’élever leur niveau de jeu face à l’adversité. Dépassés, ils ont semblé empruntés, à l’image d’une défense anormalement passive sur les deux buts Rémois. Au milieux de ce marasme ambiant, pas facile d’y voir clair sur les nouveautés apportées par Villas Boas, et pourtant des choses ont bel et bien changé, notamment sur le plan de l’organisation tactique.

Le 4-3-3 : un dispositif classique

Sur ce plan là, pas de révolution, il est vrai que son prédécesseur Rudi Garcia avait lui aussi finalement choisi ce dispositif (alternant il est vrai avec un 4-2-3-1) souvent plébiscité pour l’équilibre qu’il confère et les nombreuses possibilités qu’il offre en terme d’animation. Parlons-en justement, si André Villas Boas a lui aussi opté pour un 4-3-3, il souhaite cependant donner une orientation nouvelle à son équipe aussi bien dans les intentions que dans l’animation.

Pour ce premier match de la saison, le technicien portugais a donc aligné une équipe sans recrues, sensiblement similaire à celle que l’on pouvait observé sur la fin de saison de saison dernière :

Mais alors, Qu’est-ce qui change au juste avec Villas-Boas ?

Des milieux centraux très hauts sur le terrain

Tout d’abord, on note la volonté de Villas Boas, d’aligner Gustavo et Strootman ensemble afin d’apporter de l’expérience au milieu de terrain. Le Brésilien évolue en 6 tandis que le Néerlandais est placé plus haut aux côtés de Morgan Sanson. Hier durant la rencontre, jamais l’ex milieu de terrain Romain n’avait joué aussi haut, comme en témoigne ses nombreuses projections dans la surface adverse (dont une qui aurait pu être décisive à la 57ème minute de jeu). Ce placement très haut des deux « numéros 8 » a pour but d’apporter le surnombre dans la moitié de terrain adverse (voir dans la surface) mais peut s’avérer dangereux à la perte du ballon. On en déduit ainsi que l’ex assistant de Mourinho veut voir l’intégralité son de bloc haut lors des phases offensives avec pour objectif d’étouffer l’adversaire.

Un Pressing haut mais structuré

Défensivement, « AVB » souhaite mettre en place un pressing assez haut mais structuré, déclenché par le buteur et suivi par ses milieux et sa ligne de défense : un pressing en bloc compacte mais assez haut sur la terrain. Ainsi on a parfois vu la charnière centrale quasiment au niveau de la ligne médiane. Une méthode défensive comparable à celle utilisé par Rudi Garcia et plus généralement par bon nombre d’équipes de 1ère partie de tableau en Ligue 1. Sur l’ensemble des 90 minutes, l’OM n’a en réalité que peu réussi à presser de cette manière, les joueurs étant constamment battus sur les duels, à l’image d’un Randonjic qui en plus d’être peu en verve offensivement, n’a pas pu quadriller le jeune latéral gauche Hassane Kamara. S’il s’est avéré peu efficace, ce pressing souhaité par l’entraîneur Portugais démontre sa volonté de récupérer le ballon haut pour se projeter rapidement à la récupération. Une démarche ambitieuse mais qui peut s’avérer dangereuse face à une équipe qui utilise bien la profondeur lors de ses offensives.

Une volonté de se projeter rapidement vers l’avant à la récupération du ballon

Dés la récupération de balle, on a senti chez les olympiens une volonté de se projeter vers l’avant. A de nombreuses reprises on a pu voir André Villas Boas demander à ses joueurs une projection plus rapide et d’avantage de verticalité dans les courses à la récupération du ballon comme à la 48ème minute alors que Jordan Amavi hésitait à se projeter sur son couloir gauche. En somme, on observe une certaine logique entre les ambitions olympiennes sur le plan du pressing et la volonté affichée par le coach de se projeter rapidement dans le camps adverse. Des ambitions annihilées par plusieurs facteurs :

Une progression basé sur des décrochages successifs

Dans la construction du jeu André Villas Boas semble là aussi apporter quelques modifications intéressantes dans le jeu des Phocéens. Ainsi lorsque la charnière olympienne est en possession du ballon, les latéraux montent et c’est Luiz Gustavo qui est le premier à décrocher pour proposer une solution basse tantôt au centre, tantôt sur un côté. Dans un second temps c’est un des deux milieux plus hauts qui décroche entre les lignes pour tenter de catalyser la progression. En cas d’échec, c’est un autre joueur qui décroche et ainsi de suite, le but étant de finalement casser une ligne pour changer de rythme et essayer de déstabiliser rapidement le bloc adverse. Malheureusement pour le technicien Portugais, on n’a pu que constater l’incapacité des Olympiens à mettre la qualité technique suffisante pour changer de rythme et réellement déstabiliser l’adversaire. Résultat, une succession de décrochages mais pas de réelle progression rapide, et lorsqu’une ligne est cassée, les imprécisions marseillaises ont toujours laissé le temps au bloc Rémois de se replacer. Ainsi on a vu des séquences des plusieurs dizaines de secondes pendant lesquels l’OM a fait tourner le ballon de manière latérale autour du bloc adverse regroupé dans sa surface. Face à l’incapacité des milieux à faire la différence, on aussi souvent vu Dimitri Payet décroché au cœur du jeu assez bas sur le terrain (28, 38 et 58ème), sans beaucoup plus de réussite. Un signe d’impatience, voir d’impuissance qui montre une équipe de l’OM loin d’avoir retrouvé la sérénité qu’on a pu lui connaître il y deux saisons de cela.

Dimitri Payet au cœur du jeu

« Faire du neuf avec du vieux », « métamorphoser un groupe inchangé » … Les objectifs d’André Villas-Boas ressemblent d’avantage à une mission suicide qu’à une promenade de santé. Néanmoins, le technicien portugais reste optimiste et semble prôner un jeu ambitieux porté sur un pressing haut et une projection rapide à la récupération du ballon. Probablement trop ambitieux sur ces 90 premières minutes, il ne fait aucun doute qu’il devra soit s’adapter, soit faire preuve de patience afin d’obtenir des résultats positifs. Dans l’incapacité de recruter l’OM va devoir prendre son mal en patience et progresser lentement en s’appuyant sur le projet de jeu son coach, en espérant que ce dernier n’ait pas été trop ambitieux. Affaire à suivre…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s